MAITRESSES NUES ...
Changement de tonalité
… Où est donc la vérité…
Dites-le moi : où est donc la vérité ?
-« C’est la fin de la pièce ? » demande quelqu’un
Je réponds : « Non c’est un poème »
Ce n’est qu’un poème.
Mais les gens n’aiment pas que l’on mélange les genres… ils se méfient…
Comment peut-on à la fois jouer du piano et écrire des poèmes ?
» Monsieur on ne peut pas vous ranger dans un tiroir ! C’est ennuyeux pour notre fichier ! Voulez-vous être intermittent du spectacle ? » demande la dame de l’ANPE.
Je ne réponds rien.
Je voudrais me lever tout de suite et partir,
Mais je reste encore un peu, par politesse.
Elle continue son discours stéréotypé,
Et moi, tout en faisant semblant de l’écouter
Je pense à Elle.
Et à Elles.
Et je pense à Lui,
Le piano.
Et je pense à moi,
Le missionnaire fou…
Je pense à tout ce que nous pourrions faire
Et que nous ne faisons pas…
Je jette un coup d’œil
Par-dessus mon épaule
Et j’aperçois la file géante
Des gens qui attendent leur tour.
A quoi pensent-ils eux ?
Dans cette ambiance,
Je n’arrive plus trop à vous distinguer,
Mes héroïnes,
Mes Maîtresses nues…
Mes subtiles princesses…
Je ne vois que la tronche bizarre
De cette « gentille dame » de l’ANPE
Qui m’explique que mon projet est grandiose
Très intéressant,
Mais que je n’ai pas rempli les formulaires
N° 310.000.972, ni le 310.000.973,
Pas plus que le
N° 370.75010513340877888010003 !!
Cela fait beaucoup pour un rêveur, non ?
Je m’ennuie…
J’ai envie de lui sauter dessus
De pousser un rugissement terrible
Un rugissement de fauve
A la puissance inouïe.
Je me retiens…
Cette dame de l’ANPE
A de la bonne volonté.
Elle est beaucoup plus aimable
Que cette adjointe au maire
D’une grande ville que je ne nommerai pas
( j’ai tort) et qui se foutait complètement de ce que je racontais. Mais, alors là, complètement.
Elle ne faisait que regarder les poils de mes animaux qui ornaient mon pull.. oui, vrai !
Elle était comme hypnotisée…
C’est curieux cela. Elle ne devait pas aimer les animaux, celle-ci.
Comment s’appelait-elle, celle-ci déjà ?
Ce devait être mme Duglandier,
Un nom comme cela.
Où êtes-vous mes Muses ?
Où êtes-vous ?
Je vous distingue mal ?
Zabriska, es-tu avec Nakâl et Grahâr.
Et toi Kalliâ, es-tu en train de danser
Devant tes esclaves d’amour,
Qui te supplient de leur donner la permission
De baiser tes pieds altiers.
Et toi Luminâ, que fais-tu ?
Et vous, les femmes-Elfes ?
Et vous, les guerrières de la forêt blanche ?
Et vous…
Je suis interrompu dans mes pensées par la dame de l’ANPE
Au nez grandiose et Cyranodebergeracquien qui me signifie mon congé.
» Au revoir et à bientôt, le dosser suit son cours ».
Patrice Gelsi
( Tous droits réservés, SACEM 2005)
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