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LA REINE DES MONDES |
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LA REINE DES MONDES - Pourquoi ne puis-je rester avec toi cette nuit, mon amour Kîllianâ? - Parce que ce soir, je ne suis pas seule. - Mais pourquoi faut-il que cela se passe comme cela? Pourquoi ne peux-tu pas être fidèle à une 'seule' personne? - Parce que c'est notre coutume depuis des millénaires... Même plus... - Mais, je t'aime ! - Je le sais! - Mais je ne te veux que pour moi... - Je le sais! Mais cela est impossible... Du moins pour le moment... - Pour le moment? - Oui... Peut être cela changera-t-il un jour? - Mais quand? - Je ne sais pas... - Laisse-moi au moins rester auprès de toi... Ce n'est pas la première fois que cela arriverait. Tu as pris déjà plusieurs hommes ou plusieurs femmes avec toi... la même nuit d'amour... - ... Pas ce soir... - Mais pourquoi? - Parce que tu deviendrais fou... - Non! Comment peux-tu en être si sûre? - Parce que je le sais... je le sens... - Je t'en supplie, Kîllianâ... - Il suffit ! Je t'ai dit non... C'est trop tôt... De toutes manières, je fais ce que je veux, quand j'en ai envie. - Tu fais ce que tu veux... je sais. - Oui, je fais ce que je veux... Et cela sera toujours ainsi. Ne suis-je pas la Maîtresse de ton coeur et de ton corps? - Oui... Et de mon esprit aussi. Mais cela est insoutenable si je ne suis pas tout le temps avec toi... - non... Il suffit. Ne fais pas l'enfant. Nous avons nos coutumes... C'est ainsi??? Cela ne te sert à rien de te débattre... - De me débattre ? - Oui, de te débattre à l’intérieur… Tes deux « moi »… ils sont séparés… Il ne faut pas qu’ils soient séparés… Ce n’est pas comme cela que cela doit se passer… Pas du tout… - Mes deux « moi » … - Oui, tes deux « toi »… - Mais comment peux-tu savoir ce qui se passe en moi. Pourquoi aurais-je deux « moi » ? - Parce que je le sais… Et tu sais que je le sais. J’ai pénétré en toi… J’ai pénétré dans ton cerveau. Depuis ton premier aveu d’amour… Depuis notre « premier baiser ». - Mais je ne t’ai embrassé que le pied ! - N’était-ce pas un baiser d’amour ? - Certes oui, mais… - Alors, si tu m’aimes, pourquoi ne le refais-tu pas… - Quoi, au juste… - Embrasser mon pied… Mais fais-le longuement et tendrement. Avec amour, respect et soumission. Fais-le très longuement… pense à tout à l’heure lorsque je serai avec quelqu’un d’autre… - Ô Kîllianâ, je t’aime ! Je suis fou de toi ! - Alors embrasse mon pied, mets-toi à genoux et supplies-moi. J’adore cela, et tu le sais. - Ô Maîtresse… - Oui,je suis ta Maîtresse. J’aime que tu me le dises. Ne t’arrête pas… Continue. Allez, prosternes-toi devant moi, devant ton Amour Absolu ! Obéis, si tu m’aimes. Tu n’en seras que plus heureux et plus inspiré, je te l’affirme. * * * Les mots… Et Kîllianâ… Cette nuit, elle va soumettre un autre homme, ou une autre femme… Pour le moment, ce n’est pas cela qui est urgent de narrer … Cela viendra. La forêt étend son gigantesque manteau de « verdeur »… Cette forêt est presque aussi grande que celle de Zaldar. Mais où sommes-nous au juste ? Sans doute de l’Autre côté de Alors, que se passe-t-il ? Qui est au juste Kîllianâ ? A qui parle-t-elle dans ce récit ? Qui est ce personnage ? Est-ce un autre « héros » … ou est-ce le Compositeur ? Mais si c’est le compositeur, le Anh Légoûlian, comment est-il parvenu jusqu’ici, et où est donc Hââ ? Ah, encore une chose ? Kîllianâ est-elle seule ? Ou est-elle ET si il y a des Princesses de la forêt de ce côté, qui sont-elles au juste ? Pourquoi portent-elles le même nom ? Quelles sont leurs intentions ? Y a-t-il « corrélation » entre les deux mondes séparés par la fameuse Barrière de Cristal ? L’opposé… Ah ! Nous y voilà. Les contraires… La fameuse théorie des contraires… Deux mondes, séparés par une Barrière « dit de Cristal » abriteraient donc des « princesses de la forêt » à l’opposé les unes des autres… ce que nous appellerions de contraires… Cette thèse peut paraître séduisante en effet. Mais ce n’est pas la bonne !... Mais alors, où veut donc en venir l’auteur de ces lignes, et pourquoi procède-t-il de cette façon pour narrer son récit ? * * * Les Femmes-vampires… Elles rendent les hommes fous… Elles les capturent… Elles prennent leur énergie, leur substance… Elles les envoûtent… Par leur beauté, leur érotisme et leurs sublimes danses… Elles sont incroyablement belles, et elles veulent se faire admirer, désirer, vénérer… Et lorsque quelqu’un pénètre sur leur territoire, il est à leur merci… A la merci de leur phénoménal pouvoir de séduction. Elles veulent tout. Elles ont des hommes. Mais elles veulent les agrandir. Elles veulent agrandir leur territoire. Elles veulent soumettre toutes les peuplades de la forêt de Ghûr et bien au-delà encore. Au-delà de ce continent, au-delà de
Patrice Gelsi Tous droits réservés SACEM 2006 |
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