REFLEXIONS
Je souffle dans le tube d’une flûte de Pan…
Il fait nuit… très nuit…
Tout le monde dort depuis longtemps…
il n’y a pas un bruit…
Tout est silence… Pourtant dans ma tête
Résonnent les « échos » des musiques d’autre part…
Ces échos qui s’insinuent en moi
Et me maintiennent en vie, me font revoir
Les rêves que j’avais engloutis…
Ainsi, cette nuit, je me demande
Si tout cela a un sens…
Tout ce que je veux entreprendre…
Y arriverai-je ? Mélanger toutes ces formes…
Les rassembler en un mariage d’azur…
Musique Danse … Théâtre…
Expressions diverses…
En ai-je la force ?
Trouverai-je ce que je cherche ?
Vont-elles me comprendre, ces muses terrestres
Que je veux à tout prix trouver…
Vont-elles comprendre ?
Je ne sais pas… je ne sais plus…
Quelquefois, il me semble que je suis entouré
D’une solitude aux dimensions astronomiques…
Moi qui lève si souvent la tête vers les étoiles,
Je la vois, cette solitude …
Son armure est le doute…
Le doute qui m’envahit à présent et ne semble
Plus vouloir me lâcher…
Quelquefois, je fais semblant de ne pas le ressentir,
Ce doute… Et pourtant, il est là qui me guette,
Qui attend mon premier faux pas…
Le doute… Je le vois là, caché dans un coin
De la pièce, prêt à me sauter dessus…
Il est laid, le doute…
IL me fait peur… très peur…
Alors, je relève la tête et je le toise, fièrement…
Mais en levant la tête, je vois l’Océan piqueté d’étoiles,
Et je m’aperçois qu’il y rôde aussi…
Cette précieuse énergie que je possède…
Vont-elles me l’enlever ?
Qui ? Les Muses-Princesses que je recherche…
Dans quelle entreprise me suis-je donc lancé ?
Précieuse énergie…
Les étoiles bougent, là-bas, aux confins de l’océan bleu-noir
Qui a installé depuis longtemps sa « marée de nuit ».
Tout est silence…
C’est mon royaume…
Les gens sont couchés.
Les cons… les moins cons… les pas cons…
Les méchants… les gentils…
Les héros… les zéros…
Dans l’océan piqueté d’étoiles scintillantes de leurs vies passées et à venir,
J’ai vu l’Emblème du rêve qui ne me quitte jamais…
Ce rêve est merveilleux… Il est ultime.
Et c’est bien parce qu’il est ultime qu’il risque d’avoir ma peau…
Mais non… Un rêve ne peut être que bénéfique,
Un rêve… le rêve… les rêves…
Tiens, le doute est parti… Ou il s’est mieux caché.
En tout cas, je ne le « vois plus ». Je ne le « sens plus »…
Oh ! IL reviendra certainement, mais pour le moment,
Je l’emmerde.
Je suis chez moi, dans la nuit …
Je plonge dans l’océan bleu-sombre
Du dessus.
L’océan peuplé d’étoiles proches ou moins proches
Mais qui distillent leurs vies antérieures …
Ou postérieures… OU présentes…
Ou les trois à la fois.
Vers quels rivages de l’Au-delà du « temps relatif »
Vais-je laisser voguer ma pensée ?
Ma pensée… Enorme vaisseau spatial vivant,
Qui « incruste » ses rêves dans l’océan bleu-noir du Cosmos infini.
Incrustation…. « désincrustation »…
La pensée-voyage… La pensée-musique…
La pensée-rêve… Le rêve-pensée…
Que de mots composés pour une composition grandiose !
Aucun souffle de vent ou de vie
Ne vient perturber le mouvement de « glissement »
De mon stylo sur le papier.
Alors j’écris… Pourquoi ne le ferais-je pas ?
Le silence de la nuit m’inspire…
Tout est calme… Tout est propice…
Au rêve, à l’imagination, à la création.
Ce silence, il est comme le dernier carré
Des combattants de l’Empire-voyage.
L’Empire des mystères qui me fait moins
Voir les désespérances de ce monde…
La nuit, je ne les « entends pas », je ne les « vois pas »,
Ces désespérances …
Toutefois, je les « sens » … Elles se révoltent
Dans mon cerveau.
Elles me secouent les neurones qui font circuler
Leurs décharges à la vitesse de la lumière
Dans mon corps qui frémit de plus belle.
La désespérance des Hommes…
Les riches… Les pauvres… Les moyens…
La vie, la mort, la non-vie, la non-mort,
Dans les circonvolutions de cet organe vivant,
Bien abrité dans sa boîte crânienne,
Se parent et se pâment des idées bien contraires.
Pourquoi ? Pourquoi ne puis-je jamais être satisfait.
Ou du moins être tranquille ?
Ne serait-ce que quelques minutes ?
Mais non, il faut que le rêve, l’entreprise
Du rêve, le triomphe des pensées fleurissantes,
Reviennent me darder et m’invectiver :
« Eh, Patrice, réveille-toi ! Tu as tellement
De choses à faire… tellement de choses
A apprendre, et tellement de choses à transmettre…
Tu n’as pas une seconde à perdre,
L’entreprise est énorme ! »
« Mais tais-toi donc, Rêve !
Taisez-vous donc, pensées fleurissantes,
Laissez-moi vivre et penser ne serait-ce qu’une
Seule minute, comme tout le monde ! »
Patrice Gelsi
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